
Ustad
(Maître) Sayeefuddin DAGAR
Le chant Dhrupad, inspiré des Védas,
est l'une des expressions les plus sacrées de la musique Hindoustani.
Il s'exprime par différents ragas (modes musicaux associés aux heures
du jour et de la nuit) destinés à explorer des sentiments. Le Dhurpad
brûle toujours du feu divin. Le
chant "drhupad", après avoir induit un état méditatif, impose vigueur
et puissance rythmiques et sonores dans la partie suivante, avec
percussion. C’est en effet avec un art consommé que Wasifuddin Dagar
développe cette forme musicale riche et exigeante, qui laisse une large
part à l’improvisation. Sans jamais sortir des limites de l’épure
caractérisant ce style hautement classique et la tradition dans
laquelle s’est illustrée sa famille, il sait être parfaitement
lui-même, jouer de son imaginaire et explorer les multiples facettes du
dhrupad.
Sayeefuddin DAGAR,
chanteur très éminent,
appartient à la 20e génération de
cette famille, la Dagarvani, qui, en s’étant consacrée au dhrupad, a
conservé par transmission orale une tradition ininterrompue de cet art
ancien : la composition présente l’interprétation d’un poème mis en
musique en utilisant les caractéristiques du raga. C'est probablement
l'un des plus grands du Dhrupad actuel, avec une expression poétique
profondément riche et une expérience humaine particulièrement
développée.
Sa
fine perception de son public l’amène parfois à lui donner quelques
clefs lui permettant de mieux apprécier la musique, en particulier des
indications sur le cycle rythmique de base et ses infinies variations
possibles, avec des improvisations de la part qu'effectuent, tour à
tour, le chanteur et le percussionniste avant de se retrouver sur le "sam",
le premier battement du cycle.
Excellent chanteur, Sayeefuddin DAGAR sait présenter sa musique avec simplicité. Il a fait
des interventions appréciées aussi bien auprès de publics savants
(Conseil indien de la Recherche Philosophique à New Delhi ;
Fondation
du Dalaï-Lama pour laquelle il a donné un récital à New York et une
conférence illustrée sur le pouvoir de la psalmodie à New Delhi) que
pour des publics de non-initiés : écoliers du fin fond du
Japon,
amateurs de musique pop et rock lors de la Journée Mondiale de la
Musique à New Delhi
met l’accent sur la pureté du son et est une manière très élaborée de
produire un effet maximum avec un minimum de moyens.