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Un coup de pub (gratuite) pour l'Association pour le Respect et
l'Intégrité du Patrimoine Artistique (ARIPA), 29 rue des Chantereines, 93100 Montreuil - France, qui fait le chien de garde et s'inquiète à juste titre de certains types de restauration d'œuvres
d'art parfois sérieusement mises à mal,
voire même définitivement esquintées, alors
bien même que ces restaurations ont été
effectuées sous l'égide des plus grandes
institutions.
Comme quoi les
restaurations des siècles antérieurs que nous avions
jugées
gothiques et barbares ont fait des petits qui se sont nichés
jusque dans les coins les plus respectables de nos meilleurs
musées.
La recherche
d'efficacité, du moindre coût, l'incompétence
ou une certaine forme d'amateurisme peuvent avoir des effets
désastreux en dépit des
protestations d'experts mondialement reconnus. Le pire se produit
lorsque le
commercialisme pointe le bout de son nez et induit un
traitement plus ou moins sensationnaliste de l'objet d'art, avec
le respect tout relatif qu'on peut porter à ce qui est
réduit à l'état de volet d'un package touristique,
placé en sandwich entre le tour Eiffel
et la butte Montmartre. Dans le droit-fil de ce sensationnalisme
touristique, je me suis laissé dire que la
restauration du
plafond la Chapelle Sixtine a été faite au détriment des travaux préparatoires sous-jacents de
Michel-Ange, définitivement effacés. En tout cas, cette remise en l'état
de ce que l'on suppose être les couleurs d'origine du plafond a
suscité une vague
touristique inégalée et un joli paquet de devises pour
l'industrie touristique locale.
La revue Nuances publiée par l'Aripa fait
régulièrement le point sur des restaurations
plus ou moins dommageables à l'oeuvre d'art,
bien que ce manque de respect de la création artistique ait
été maintes fois dénoncé, et par des
autorités qui ne sont pas médiocres (voir l'ouvrage de
R.H.
Marijnissen, Dialogue avec les oeuvres ravagées après 250
ans de restauration, pour ne citer que ce ouvrage). Des exemples
à faire dresser les cheveux sur la tête. In fine de ce
billet, le cas d'un véritable massacre d'une oeuvre de
Delacroix, exemple tiré de Nuances.
Toujours des
restaurations commanditées par l'autorité en charge de la
préservation de ces chefs-d'oeuvre, sale coup pour le respect
que
je portais à l'institution présumée
irréprochable.
Nuances publie des articles
techniques sans doute pas très
nouveaux pour les érudits mais qui constituent un nid
d'informations pour un
amateur comme moi -tel cet article sur les vernis anciens dont
les effets sont
difficilement reproductibles par les produits mis au point à
l'aide de la chimie moderne. Il est passionnant de savoir que les
vernis anciens pouvaient participer activement à la
qualité de l'oeuvre, dans des conditions que les vernis modernes
ne peuvent pas reproduire. Ces articles permettent de porter le
regard à
un niveau que je ne soupçonnais pas, et c'est donc
remarquablement éducatif, sans pédagogie lourdingue.
Petit exemple piqué sur le site d'ARIPA : ici, la restauration
est allée sans vergogne jusqu'à la destruction pure et
simple. Il s'agit de l'Oceanus peint par Delacroix dans le Salon du Roi
au Palais Bourbon, à Paris. Le restaurateur a ouvert une
fenêtre pour faire apparaître une version antérieure
alors qu'un certain nombre d'éléments, la position du
corps, les descriptions de l'époque, concorde pour dire que
c'est la seconde version, massacrée par le restaurateur, qui
était celle retenue en définitive par Delacroix.
Qu'est-ce qui a guidé le choix du restaurateur, qui l'a
validé, ceci restera un mystère.
PS
: désolé, impossible de retrouver la photo sur internet autrement qu'en
format PdF que je ne maîtrise pas : veuillez consulter entre autres
http://www.senat.fr/rap/r05-405/r05-405-syn.pdf
